Cet article a été initialement publié par Private Equity International (en anglais).
Edouard Eloy, Head of Private Capital Solutions pour le Royaume-Uni et le Moyen-Orient, explique comment des facteurs tels que la structuration des fonds et la qualité du reporting influencent les décisions des LPs (Limited Partners ou investisseurs) et les GPs (General Partners ou gestionnaires de fonds).
Dès lors, plusieurs questions se posent :
Comment les rythmes ralentis des distributions et des levées de fonds ont-ils modifié le processus de sélection des GPs par les LPs, et quelle est l’importance du modèle opérationnel d’un GP ?
Dans quelle mesure la consolidation du marché du private equity a-t-elle été stimulée par les LPs, et quelles sont leurs nouvelles attentes en matière de reporting ?
Comment la relation LP-GP va-t-elle évoluer, et quel rôle jouera la montée en puissance des fonds evergreen dans cette évolution ?
- La liquidité reste prioritaire, mais les stratégies s’adaptent – Les LPs continuent de privilégier la liquidité, stimulant la demande pour des stratégies génératrices de flux de cash comme la dette privée. On observe également un intérêt croissant pour une exposition aux marchés européens notamment de la part des gestionnaires américains. Les LPs augmentent ainsi leurs allocations vers les marchés privés pour diversifier leurs portefeuilles, gagner en flexibilité et mieux se protéger contre le risque de baisse des marchés. Ce contexte porteur voit aussi l’émergence de fonds plus spécialisés. Les stratégies sectorielles permettront aux GPs de petite taille ou de taille intermédiaire de mieux se différencier.
- Développement de véhicules d’investissement conçus sur mesure pour les LPs – Les GPs mettent en place des véhicules personnalisés, multi-juridictionnels et à structures multiples afin de répondre aux besoins spécifiques des LPs. Cette évolution est positive pour les LPs qui bénéficient d’un contrôle accru sur leurs allocations. En revanche, cela crée de nouveaux défis pour les GPs. Face à une complexité croissante tant de l’actif que du passif du fonds, il devient essentiel de disposer d’une infrastructure technologique intégrée et d’une solide expertise de la part des partenaires de services.
- Consolidation des relations investisseurs – La consolidation s’impose comme un moyen efficace d’offrir aux LPs une plateforme unique donnant accès à un éventail de stratégies d’investissement. On observe un nombre croissant de fusions entre gestionnaires performants, qui cherchent à mutualiser leurs relations avec les LPs afin de constituer une base d’investisseurs plus large et plus solide. Cependant, des spin-offs peuvent survenir si les équipes voient de nouvelles opportunités de marché.
- L’importance d’un reporting détaillé – Les LPs attendent désormais des données en temps réel. Les rapports fréquents et détaillés sont devenus la norme. L’analyse détaillée des risques de concentration est un prérequis, et les LPs intègrent désormais des informations granulaires dans leurs propres rapports de gestion. La qualité du reporting constitue ainsi un élément déterminant dans les discussions et les négociations entre LPs et GPs.
- L’évolution des structures apporte plus de flexibilité – Les fonds evergreen et les véhicules de continuation offrent plus de souplesse et permettent aux LPs de gérer leurs portefeuilles d’actifs privés de manière plus proactive. Les modèles de fonds evergreen de type run-off ou rolling vintage conçus spécifiquement pour les investisseurs institutionnels, permettent aux LPs de déployer, de recycler intégralement les fonds, et de réduire la charge opérationnelle liée aux commitment successifs. Les véhicules de continuation (CVs) offrent, quant à eux, une grande flexibilité. Les LPs peuvent donc anticiper le déploiement de leurs fonds et maintenir leur exposition sur des actifs performants.
Ces structures marquent une rupture avec le modèle traditionnel auquel GPs et LPs sont habitués. Les LPs disposent désormais d’un contrôle plus précis sur leurs allocations et d’une influence accrue sur leurs investissements. Cette évolution exige une attention proactive et continue des deux parties. Pour répondre à ces nouvelles attentes, les GPs devront investir en ressources humaines, en technologie et infrastructure pour garantir le déploiement pérenne des plateformes d’investissement.